LES MANOIRS DU PERCHE

 

 1449, la guerre de Cent Ans se termine dans le Perche mais durera encore quatres longues années pour la Guyenne jusqu'à la victoire française sur les troupes anglaises commandées par Talbot à Castillon (17 juillet 1453).

Durant de longues années, le Perche fut parcouru par des bandes armées détruisant fermes et récoltes. Les disettes, les épidémies décimèrent la population. Lors de sa libération par le "gentil duc" Jean, ancien compagnon de Jeanne d'Arc, le pays est anéanti.

La reconstruction débute à la fin du XVe siècle. Les familles enrichies au service du roi ou dans les affaires font édifier de nouveaux logis pour vivre commodément à la campagne, s'inspirant ainsi du renouveau du Val de Loire.

Renaissance donc de l'habitat, avec la constuction de nombreux manoirs, lieu de résidence familiale mais aussi siège d'exploitation agricole.

Ces constructions, bien que fort différentes les unes des autres, conservent cependant, quelques caractères communs.

Si l'insécurité persiste, ce n'est pas pour autant que le site prend uniquement en compte les impératifs défensis. Il est aussi choisi pour les besoins de la desserte agricole et l'agrément du paysage.

Le manoir est protégé par des douves en eau ou des fossés secs, parfois, il est enclos hauts murs ou par les bâtiments entourant la cour dont les façades arrières sont sans ouverture.

Dans cette cour, le logis d'habitation reçoit la meilleure exposition (est ou sud-est) tandis que les façades nord sont peu ou pas percées d'ouvertures. Le logis se présente comme un bâtiment de plan rectangulaire aux pignons aveugles. Le logis est surélevé de quelques marches au-dessus du niveau de la cour. Il comporte un rez-de-chaussée, un voire deux étages, le plus souvent desservi par un escalier à vis dans une tour octogonale, placée au milieu de la façade, dans les cas les plus typiques.

Les bâtiments agricoles s'organisent, soit autour de la cour et forment ainsi le "circuit", soit en fonction de la topographie des lieux. Les granges, solides constructions aux portes rondes, protègent le foin et les céréales. Les colombiers ou fuies, symbole d'un privilège royal, abritent les pigeons. Enfin, les plus grands manoirs disposent d'une chapelle.

 

 LES CHÂTEAUX DANS LE PERCHE

Les châteaux, à vocation défensive ou résidentielle, ornent de nombreuses communes percheronnes.

Pays de marche, de contact, les seigneurs du Perche construisent des châteaux pour défendre leur fief. Nogent le Rotrou, Villeray, Maison-Maugis, Frazé, La Ferté-Vidame... autant de paroisses, autant de châteaux, érigés sur des sites stratégiques. Toutes ces constructions défensives vont jouer un rôle clé durant la guerre de Cent Ans, subissant les assauts des troupes anglaises et françaises. De nombreuses forteresses médiévales sont ainsi, totalement ou partiellement détruites.

Les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles sont des périodes de reconstruction. Mais la mode n'est plus aux châteaux forts, on construit des châteaux de style Renaissance comme ceux du Val de Loire, mais en plus modeste. Les façades s'ornent de grandes ouvertures surmontées de fronton et parfois encadrées de pilastres. De nouveaux châteaux sont aussi construits, comme celui de Voré à Rémalard bâtit "à la Mansart", pour accueillir des familles prestigieuses (le philosophe Helvétius à Voré).

Au XIXe siècle, les châteaux de la Gohyère (Saint-Marc-de-Réno), de la Vignardière (Marolles-les-Buis)... sont à leur tour reconstruits. Notre actuel paysage castral est alors en place.

 (Texte des Amis du Perche) http://amis-du-perche.com